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1er accélérateur pour les entreprises de l'Indre
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L’IA générative, l’avenir en question

Début mai s’est tenue une conférence sur les intelligences artificielles génératives – type ChatGPT – dans les locaux du Crédit Agricole à Blois, à l’initiative de Loir-et-Cher Tech et de la CCI 41. Cela a été l’occasion pour les étudiants, les formateurs et les responsables du site blésois du CCI Campus Centre d’en apprendre plus sur les usages futurs de ces outils d’un genre nouveau et de faire le point sur leurs questionnements quant au devenir de leurs carrières respectives dans des domaines où les logiciels informatiques sont très présents.
Conférence ChatGPT Blois
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Mercredi 9 août 2023

Les outils d’intelligence artificielle générative (qui créent des textes, du code ou des images à la demande, selon des « prompts » rédigés et précisés par l’utilisateur) sont de plus en plus présents dans le monde de l’entreprise. Progressivement, il devient un assistant pour les salariés et les dirigeants. Mais les capacités de plus en plus grandes de ces IA, dont les talents se nourrissent du deep learning (décryptage de la big data), leur permettent de remplir de plus en plus de tâches jusqu’alors dévolues aux humains, au point que de nombreuses questions se posent quant au maintien d’un certain nombre d’emplois à plus ou moins court terme.

Lors de la conférence qu’il a donné dans les locaux de la Maison des entreprises à Blois, à l’invitation de Loir-et-Cher Tech, Emmanuel Derrien (président d’Enjoy your business et expert en Stratégie & digital) a insisté sur les points positifs que ces nouveaux outils apportent : libération des tâches administratives répétitives et chronophages, gain de temps bénéfique aux relations humaines, à la créativité et à la prise de recul quant à son activité professionnelle. Pour l’expert en Stratégie & digital, « l’IA ne va pas se substituer à l’homme ; ce sera un humain qui utilisera l’IA qui remplacera celui qui ne s’en servira pas ».

 

Un besoin d’en savoir plus

 

Dans l’assistance, forte de 200 personnes, des profils très variés ont écouté avec attention les explications de ce conférencier chevronné, pour se faire une opinion quant à cette 5e révolution industrielle. Aux côtés d’entrepreneurs et d’élus locaux, plusieurs stagiaires (Alexis Huin, Antoine Moreux, Nicolas Rabot), intervenants (Mathilde Jouanno, formatrice pour adultes en filière commerce) et maîtres de stage (Alexandre Chaussier, tuteur d’Antoine, Cathy Beauvallet, responsable de l’ETIC école de design) du CCI Campus Centre ont ainsi pris part à ce rendez-vous et en sont ressortis avec des sentiments mitigés.

 

À part Cathy, tous utilisaient déjà ChatGPT (exemple pivot de la conférence) avant cette soirée, et ce, de façon quotidienne en lieu et place de Google comme le confiait Alexis, apprenant en développement web / webmaster, ou de façon plus ciblée « pour des tâches d'analyse, de peer programming et de recherche » selon les dires d’Alexandre.

 

Quel que soit leur degré de connaissance de l’IA, c’est avant tout la curiosité et le besoin d’en savoir plus quant aux perspectives qu’ouvrent ces outils qui les ont poussés à s’inscrire à cet événement. « Je voulais aussi prendre un peu de recul sur cet outil qui peut faire peur. J’ai bien compris que c’est un outil incroyable, qui va modifier notre façon d’apprendre et de travailler, modifier nos missions en entreprise et par conséquent certains emplois, qui seront sans doute voués à disparaître. J’avoue avoir un peu de mal à savoir ce qui pourrait se passer sur le marché du travail avec cet outil à moyen terme », avoue Mathilde, ressortie de cette soirée avec quelques astuces en plus pour mieux utiliser Chat GPT. 

 

Opportunité ou menace, difficile de trancher

 

Pour les étudiants, les IA type ChatGPT sont considérées comme des outils incontournables à court terme. Se tenant largement au courant des opportunités et des dangers de l’IA par le biais de conférences, d’articles ou d’émissions (TV, radios, YouTube, podcasts…), Antoine Moreux, étudiant Concepteur développeur d’applications (Titre Pro Bac+3), pense que les IA permettront l'arrivée de nouveaux emplois, mais rendront également davantage d'emplois obsolètes. « Dans un monde où tout va toujours plus vite, où la compétition est la norme, nous sommes obligés de les utiliser. Cependant, je pense que les métiers intellectuels sont en danger. J'ai peur que les IA aseptisent notre société », ajoute-t-il. Un avis partagé par Alexis Huin, pour qui il s’agit « littéralement d’une menace pour l'emploi, car il va réduire les effectifs nécessaires dans les entreprises, et rendre paranos les employeurs. C'est un super outil, mais qui mettra beaucoup de temps à se faire une place dans le conscient collectif ».

 

Se reconnaissant pourtant « adepte des IA », le futur webmaster reconnaît avoir peur pour la suite, notamment dans le monde du travail. « La conférence ne m'a pas du tout rassuré. Trouver un travail est déjà très compliqué, les IA pour quelqu'un déjà en poste est un plus, mais pour les "petits nouveaux", c'est à mon avis un réel frein », poursuit-il. Son camarade de promotion, Nicolas Rabot, se veut bien moins catégorique : « Pour moi, ChatGPT constitue une très grande opportunité pour beaucoup d'emplois car il devrait permettre une redéfinition de bon nombre d'emplois en permettant l'automatisation des tâches répétitives et non valorisantes. »

 

Une nécessaire évolution

 

On constate la même divergence de vue chez les enseignants pour qui le rapport bénéfice-risque n’est pas encore très clair, mais qui s’accordent sur le fait que l’humanité va devoir évoluer et se montrer toujours plus vigilante sur ses sources d’informations. Pour Alexandre Chaussier, qui utilise déjà ChatGPT au quotidien au travail pour programmer, lors de la conception de nouveaux contenus, l’apport bénéfique de l’IA est une évidence : « Pour moi, ce n'est pas blanc ou noir. Il va y avoir des adaptations dans pas mal de métiers, c'est certain. Il y aura forcément une différence de productivité entre ceux qui s'appuient dessus et les autres, ce qui amènera à des pertes d'emplois, d'attractivité et de CA pour ceux qui ne s'y mettent pas. Après, cela peut être également l'occasion de se remettre en question et de repenser son business ! »

 

La directrice de l’ETIC, Cathy Beauvallet, se veut plus nuancée : « En ce qui me concerne, je considère plutôt l’IA comme une menace. Mais je dis pourquoi pas si c’est réfléchi socialement, et ou si la « valeur travail » est repensée. Au niveau pédagogique, il nous faudra également évoluer et repenser notre façon d’enseigner, en essayant d’alerter les futures générations sur les réponses toutes prêtes fournies par ChatGPT et les autres IA. Il n’y a pas de sourcing des datas, donc si l’IA se fonde sur un document ou une base de données erronées, elle diffusera des erreurs qu’il reviendra à nous, les humains, de discerner. »

 

Si, pour notre panel, le futur de notre société dopée à l’IA amène plus de questions que de réponses, il n’en reste pas moins que nos six interlocuteurs envisagent de continuer à utiliser ces outils dans leur vie professionnelle et même de s’en servir à des fins personnelles à l’issue de cette conférence.

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