| Emile THIVIER (1858-1922) Les portraits |
![]() Crédit Photo : Photolouis SA - Châteauroux |
"Un académique au temps des impressionnistes" |
Suzanne au maillet Huile sur toile 124 x 87 cm Inv. n°70(A) Une autre des filles d'Emile Thivier apparaît ici dans une toile
baignée de lumière. La palette, aux couleurs franches, révèle le soleil estival dont
se protège la jeune fille. Le portrait au sens strict n'était pas ici la préoccupation
principale de l'artiste, puisqu'il laissa le visage dans l'ombre. Les aplats de couleurs,
les contours très précis, le réalisme des ombres qui modèlent le personnage, font
penser à l'école impressionniste américaine et plus particulièrement à Mary Cassat ou
Metcalf. |
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LES PORTRAITS
Le Second Empire avait consacré les portraitistes dits
"mondains". Ceux-ci devaient être capables de rendre le mieux possible leur
sujet, tout en sachant habilement gommer quelques défauts. Le décorum jouait un rôle
très important, puisque toute indication que le public pouvait déchiffrer sur le tableau
explicitait la position sociale du modèle. Ainsi la plupart des personnalités qui
pouvaient s'offrir le pinceau d'un Winterhalter se font-elles représenter en costume
d'apparat, dans un riche intérieur parfois seulement perceptible grâce à un fauteuil ou
une étoffe.
Le portrait est bien souvent, au XIXème siècle, une activté au moins alimentaire, sinon
de vocation, pour les peintres qui se distinguent lors des salons. Emile Thivier
n'échappa pas à cette règle et la première partie de sa carrière est jalonnée de
portraits commandés par une riche clientèle bourgeoise. Vers 1870, pendant son service
militaire, il réalise le portrait de son capitaine, qui en échange le dispensa de
corvées.
Le Portrait de M. Cendre peut être classé parmi les peintures
académiques, au moins par sa facture et les tonalités sombres. Pourtant, la pose
adoptée par le modèle est peu conventionnelle : accoudé sur son bureau, il fixe
directement le peintre et le spectateur.
L'Autoportrait reproduit est réalisé avec une touche plus
libre, plus vaporeuse, dans des demi teintes plus chaudes. Le peintre, qui dans ce cas ne
dépend ni de la rémunération d'un commanditaire, ni d'un jury de salon, se permet un
style plus personnel, qui ne fait que s'accentuer dans les portraits de famille.
Il prit maintes fois Marguerite Paing pour modèle. Dans un climat intime et familier, il
n'est plus alors question de faire des fonds neutres, c'est la nature qui sert de décor.
Si le tableau Portrait de Marguerite Paing 1920 utilise la
verdure d'une façon bien timide, c'est un feuillage presque uniforme qui se substitue aux
coloris sombres, les autres tableaux laissent éclater la couleur et n'hésitent pas à
présenter le modèle dans son paysage quotidien parfaitement identifiable (marches
d'escalier, Suzanne au bord de l'étang ...).
Marguerite Paing ne fut pas la seule à prendre la pose. Il aima également immortaliser
sa première épouse Claire Hulot, ses filles Suzanne, Madeleine ..., et saisir dans de
chaleureux instants les gens de maison s'occupant des enfants. D'autres modèles inconnus
(Les jeunes gens, Le peintre), lui
offrirent une troisième source d'inspiration entre les scènes familiales et les
portraits mondains.
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